Rassegna stampa


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LE PARISIEN WEEK-END.

 

 « Une famille comme il faut » raconte l’émancipation d’une jeune fille pauvre des Pouilles. A 44 ans, Rosa Ventrella dépeint la réalité sociale d’un quartier populaire de Bari, à la manière d’Elena Ferrante (« L’Amie prodigieuse ») avec Naples.

 

Evidemment, quand on ouvre le roman de Rosa Ventrella, on ne peut que penser à « L’Amie prodigieuse », d’Elena Ferrante. Evidemment, quand on le lui dit, ça l’agace un peu. Une journaliste italienne de « La Gazzetta del Mezzogiorno  n’a pas hésité à titrer : « Rosa Ventrella est l’Elena Ferrante de Bari ». Ça l’a fait bondir, même si elle reconnaît que c’est un bon argument de vente.

 

« Il y avait de la littérature populaire de qualité avant Ferrante. Mais, désormais, chaque fois qu’une auteure italienne sort un livre à l’étranger, on la compare à Ferrante ! » Il faut avouer qu’il y a un peu de Lenu et de Lina (les deux protagonistes de la saga best-seller) dans Maria, la petite héroïne de la romancière des Pouilles. Surnommée Malacarne (« mauvaise chair ») par sa grand-mère, en raison de sa peau foncée et de son tempérament rebelle, Maria grandit dans un quartier populaire de Bari, ville du sud-est de l’Italie, dans les années 1980.

 

Elle est douée à l’école, tient tête à son père impitoyable et n’a pas peur des hommes violents. Elle se prend d’amitié pour Michele, un gosse rondouillard dont le seul défaut est d’appartenir à une famille de mafieux.

 

Une écriture brute et néo-réaliste

 

Rosa Ventrella se défend d’avoir voulu faire une transposition de la saga napolitaine à Bari. « Nous traitons les mêmes thèmes : le patriarcat, la difficulté de s’émanciper pour les jeunes filles des quartiers populaires italiens, le déterminisme social... Mais je ne me suis pas inspirée d’Elena Ferrante. C’est la réalité du sud de l’Italie qui s’est imposée à moi. Celle que je connais depuis toujours », explique-t-elle dans un café milanais où nous l’avons rencontrée.

 

Si l’auteure de 44 ans vit désormais à Crémone, en Lombardie, dans le nord de l’Italie, elle porte le sud en elle. Aujourd’hui, cette mère de deux enfants vit de sa plume. Avant, elle a enseigné les lettres, fait du journalisme, travaillé dans l’édition. Elle signe là son troisième roman – le premier à sortir en France et dans 17 autres pays –, tandis que chacun de ses précédents ouvrages s’est vendu à 50 000 exemplaires.

 

Son écriture brute et néo-réaliste mêle habilement dialecte et surnaturel, avec un fond de religiosité populaire. A l’origine, elle voulait écrire un livre sur les rapports difficiles entre un père autoritaire et sa fille qui lui résiste. « Une famille comme il faut » est bien plus que cela. Roman d’apprentissage, d’amour, ode à l’amitié, coup de sonde psychologique dans un milieu social aussi pauvre et violent qu’il peut être riche en tendresse et en humanité. Non, Rosa Ventrella n’est en rien une pâle copie d’Elena Ferrante.

 

 

 

 

 

 

Publié le 02 avril 2019 à 15h26 | Mis à jour le 02 avril 2019 à 15h28

 

Rosa Ventrella, la nouvelle voix du Sud italien

 

 

 

La presse italienne l'a surnommée «l'Elena Ferrante de Bari». Son roman Une famille comme il faut, qui vient de paraître en français, a été vendu dans 17 pays et sera bientôt porté au grand écran. Rosa Ventrella pourrait bien devenir la nouvelle auteure italienne à suivre grâce à ce titre, largement autobiographique, qui fait revivre un quartier pauvre et gangréné par la violence du sud-est de l'Italie.

 

Troisième roman de Rosa Ventrella, premier traduit, Une famille comme il faut raconte l'enfance miséreuse et l'adolescence de Maria de Santis au coeur de la vieille ville de Bari, dans les années 80.

 

«C'est un monde plutôt dur et cru qui est dépeint dans le roman. Très éloigné de l'Italie des cartes postales et de l'image touristique qu'on peut avoir du sud de l'Italie, colorée et vivace. C'est un Sud très amer, qui correspond à celui que j'ai connu pendant mon enfance», confie l'auteure au bout du fil.

 

À 9 ans, son alter ego rêve déjà d'une autre vie. Sa réussite scolaire lui permet de poursuivre ses études dans une école à l'extérieur de son quartier et d'entrevoir un destin différent de celui de sa mère, femme au foyer sans instruction, mariée à un pêcheur sans le sou et violent. Un père qui représente parfaitement l'homme méridional typique de ces années, admet Rosa Ventrella. Craint par ses enfants pour ses colères noires, et pris au piège d'un engrenage incontrôlable «où la violence était juste, légitime et même héroïque», écrit-elle.

 

«Dans certains quartiers du sud de l'Italie, jusqu'à la fin des années 80, la violence faisait tellement partie de la vie de tous les jours que chaque famille trempait dedans.»

 

Paradoxalement, il suffisait de faire «50 pas» pour atterrir dans un autre monde.

 

«Le quartier historique de Bari est longtemps resté ségrégué, un microcosme dans une ville moderne, où la violence régnait en maître.» Très semblable, ajoute-t-elle, à certains quartiers de Naples qu'on retrouve notamment dans les romans de Roberto Saviano ou d'Elena Ferrante.

 

Une famille comme il faut, de Rosa Ventrella... (IMAGE FOURNIE PAR LES ESCALES) - image 2.0

 

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Une famille comme il faut, de Rosa Ventrella

 

IMAGE FOURNIE PAR LES ESCALES

 

Interrogée sur les comparaisons inévitables entre son roman et la saga d'Elena Ferrante, Rosa Ventrella ne dissimule pas son malaise.

 

«Elena Ferrante a le mérite d'avoir exporté dans le monde le courant néoréaliste de la littérature contemporaine italienne. Mais beaucoup d'auteurs - comme l'écrivain calabrais Carmine Abate - racontent cette réalité sociale commune au sud de l'Italie», affirme-t-elle.

 

Leurs protagonistes évoluent dans des contextes similaires, et l'éducation est leur tremplin pour s'extraire de leur condition sociale. Mais Ventrella dit avoir avant tout cherché à raconter l'histoire d'une relation complexe entre une fille et son père. Puis, son roman s'est petit à petit fait l'écho du vieux quartier de Bari. Un milieu «décadent» où les superstitions nourrissent les peurs, où les vieilles rancunes entretiennent les querelles sur des décennies. Et où, encore aujourd'hui, Rosa Ventrella est convaincue que l'éducation reste le seul moyen de s'en sortir.

 

Même si le niveau d'instruction demeure toujours très bas chez les jeunes, le quartier n'est plus ce qu'il était depuis une dizaine d'années, note-t-elle. «C'est devenu un secteur touristique grâce à la volonté des autorités de nettoyer le centre historique. Avant, les étrangers ne pouvaient même pas y mettre les pieds.»

 

L'écrivaine, qui vit depuis 20 ans dans le nord de l'Italie, retourne fréquemment dans sa ville natale - dans la réalité comme dans l'imaginaire, mais toujours avec nostalgie.

 

«C'est ma terre, je l'ai dans le coeur. Mais le fait de vivre loin d'elle me permet probablement de la voir avec une loupe plus facilement que si j'y vivais encore, parce que j'arrive à discerner autant ses côtés positifs que ses aspects négatifs, et à tous les réunir.»

 

Son prochain roman, qui sort en avril en italien, et peut-être en français, souhaite-t-elle, nous plongera à nouveau dans le Sud de son enfance.

 


elle



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